« Nordine, est-ce qu'un jour tu sauras écrire ne serait-ce qu'un mot ? » « Nordine, es-tu capable d'efforts ? J'en doute. » « Nordine, bon à quoi ? À rien. » Tu suffoquais, pleurais sans cesse, alors tu décidas de ne plus jamais poser un pied à l'école du Bon Secours. Ton père, de peur que tu ne fugues, t’enferma dans ta chambre. Et puis, un soir, une boulette de papier vint toquer à ta fenêtre. En la défroissant, tu pus lire : « C’est moi, Juliette, tu me manques. » Juliette était ta voisine de table à l'école. Tu l'aperçus, cachée entre deux arbres. Ton cœur se réactiva et tu descendis le long de la gouttière. Tous deux face à face, immobiles un long instant, vos regards s’entrelacèrent. Tu n’osais plus parler et Juliette le savait : « Ne dis rien et suis-moi. » Elle prit ta main et vous vous êtes engouffrés dans la forêt. Après quelques instants de marche silencieuse, un spectacle d'une précieuse beauté s’offrit à vos yeux : une folle chorégraphie int...
textes issus d'ateliers d'écriture animés par Martin Chabert