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Extérieur nuit, par Corinne Gotnich

Trouver le noyau à l'intérieur, le bleu raclé.
Comme la lune blanche  me regarde lâchant ses fils blancs argentés.
La mer amère  un miroir aux éclats de sels marin. 
Des coups de peinture, anarchie du bleu.
Profondeurs marines, insondables abysses. Représentation du rien 
Miroir en creux, virgules répétées sur une page blanche et bleue.
Accrocher des couleurs récalcitrantes.
Qu'est-ce que c'est ? La représentation du bleu, la reine des couleurs en éclat de sel. 
Poser la même question en écho. Pourquoi ? 
A l'intérieur trouver le noyau et le fil noir des vagues jaunes dans un ciel bleu implacable.
On aurait dit des éclats de blancs à la surface sans étoile. Tirer les fils des étoiles, elles ouvrent les yeux comme une fleur de mer constellée d'éclats de sel.
Et pendant ce temps sous la lune un collier d'étoiles se définit semblable à un gros trait noir.
Et pendant ce temps une fleur de mer sous la lune éclate pétale après pétale.
On n'entend pas les mots qu'elle prononce.
Élancement ? Enlacement ? Impossibilité d'affranchir la frontière des mots.
Impossibilité à dire
Impossibilité de saisir la frontière magnétique.
Aurait-il fallu déployer l'infiniment petit ? L'infiniment grand ?
Impossible question échouée dans l'impasse. 
Quand la nuit du mois de juin flotte au-dessus de la lune, elle s'enveloppe dans un coussin de soie bleu nuit. 
Rêve-t-elle d'ombres blanches flottant dans les airs ?
Voleur de feu, voleurs de mots à la recherche d'une clef dans les abysses.
On dirait qu'elle est bleue. Elle lui dit de partir à la recherche d'un noyau comme un galop fulgurant essorant la lumière.