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Articles

A propos de ce blog

Ce blog entend donner un lieu de publication aux textes écrits par les participants des ateliers d'écriture animés par Martin Chabert pour l'association Arutam . Vous pouvez retrouver toutes les informations sur les ateliers en cours sur le site ecrireavec.com . Afin de soumettre un texte à publication , veuillez vous assurer : >>> que le texte est bien issu d'un atelier, >>> que l'orthographe et la ponctuation ont bien été revus et corrigés, >>> que le texte respecte les limitations de la liberté d'expression.    Vous pouvez ensuite soumettre votre texte en format texte (et non .pdf) à l'adresse martin@ecrireavec.com . Dès acceptation, il sera publié tel quel  et retiré du blog sur simple demande. Martin Chabert vit à Marseille où il se consacre à l’animation d’ateliers et à l’écriture. Il coordonne les activités culturelles et artistiques de l’association Arutam depuis sa création en 2019. Ses différentes expériences d'ani...
Articles récents

Eluan et la Mer Veilleuse, par Juliette Pjie

Une graine dorée. Dorée comme le blé. Elle est tombée de la poche d’une grande personne. Grande personne qui s’agite Au milieu d’autres grandes personnes qui aussi s’agitent. Grande personne qui s’agite sans voir Sans voir que la graine est tombée. Mais elle est tombée de sa poche. L’enfant a vu la graine dorée La graine tombée de la poche. Il a vu la graine par terre Au milieu des grandes personnes qui s’agitent. Il se faufile entre les grandes personnes. Grandes personnes qui s’agitent sans le voir. Sans voir que l’enfant prend la graine. La graine dorée. Dorée comme le blé. L’enfant prend la graine et la mange. La graine est avalée par l’enfant Au milieu des grandes personnes qui s’agitent Sans voir que la graine est avalée. Mais pourquoi ? Dans un village de pêcheurs, Eluan tête-en-lune s’ennuyait. Qu’est-ce qu’il s’ennuyait ! Tous les jours, son père Erwan le robuste et ses 3 grands frères partaient à la pêche sur l’eau merveilleuse. Tous les soirs, ils revenaient joyeux et acclam...

Allie et Abel, par Jeanne Fréret

1 – ARBRES EN FLEURS La forêt est ahurie. Allie est debout. Pieds nus. Les bras ouverts au milieu des arbres. Sa bouche est serrée et ses poings sont fermés. Allie est une enfant. Enfant de la forêt, c'est ici qu'elle vit, au milieu des arbres en fleurs. À ses côtés, il y a le Diable. Diable, c’est le nom de son arbre. Son arbre à elle. L'arbre dans lequel elle joue, dort et rêve toutes les nuits avec son frère. Abel. Mais aujourd’hui, Abel a disparu. Il a disparu dans la nuit pendant que le Diable dormait et que les yeux d’Allie se reposaient. — Il n'est jamais parti avant aujourd'hui, murmure-t-elle. Où est-il ? La forêt est ahurie. Les arbres en fleurs se recroquevillent. Personne n'ose regarder Allie. Elle continue, dans son murmure. — Abel Où es-tu, Abel ? — Où es-tu, Abel ? répètent les arbres sans se relever. Silence, le vent passe. Allie pousse un cri. Les branches tremblent. — Laissez ! Laissez-moi passer ! Il doit être perdu ! Perdu ailleurs. Dans une ...

Je tombe, par Cathy Loiseau

Naissance du printemps : Elle se dépose en coup de vent, Elle s’installe sur mon brouillon, Puis, petit à petit, dans ma maison... Elle envahit, alors, mon territoire, Ainsi, bien vite, faut que je vous raconte son histoire... Il était une fois, une jeune dame, étrange personnage, Qui arrive sur ma page... « Je viens de loin, de loin ! » me répéta-t-elle. « Mon prénom, c’est Mirabelle ! » Je m’enfuis avant la messe, On veut faire de moi une princesse... Je suis censée me marier au prince Vincent, Un homme plein d’argent, Gros et répugnant Et, comme je ne peux pas choisir, Alors, je dois m’enfuir, Je marche à n’en plus finir, Je mendie, là, assise, Au porche d’une église, J’ai vécu une guerre Puis aussi la misère... Un jour, j’ai accouché, Quelqu’un a volé mon bébé... Un jour je tombe sur une page, Quelqu’un transforme mon image, Je repars chez les aliénés : « Mirabelle, je veux vous aider ! » Encore un vieux plein de fric Et oui, voilà le hic ! Je m’évade à nouveau, Je cours dans la fo...

Il ne sera jamais une fois, par Gabriel Lopez

Laissez-moi vous narrer une histoire extraordinaire avec des personnages qui le sont tout autant : un chat botté qui ne rêve que d'aventure, un âne qui déblatère à outrance pour un oui ou un non, un séraphin qui se fait passer pour un humain et tout un tas d'autres choses… Donc, après avoir quitté la ville et mes amis l'âne, le chat, me voilà donc dans l'antre du Grand Conseil. En plus d'être un lieu secret, je ne te parle même pas du mobilier ; le clinquant et le tape à l'œil sont de mise. Et les Sept Sages, me diriez-vous ? Des vieux croulants ennuyeux engoncés dans les prétextes désuets… J'attends qu'il me confie ma mission parce que j'ai rendez-vous avec la lune et le soleil pour fomenter une révolution qui me permettra de m'éclipser rapidement… Blague, à part. Je te passe tous leurs blabla et j'apprends que ma mission consiste à empêcher l'ogre de voir Tracassin car ce dernier aurait le pouvoir de réaliser des vœux et bien entendu, c...

Femme au bord de la crise de mer, par Corinne Gotnich

Le rideau s'ouvre sur un intérieur bourgeois des années 1900 à Vienne. Elle se nomme Anna, elle a peur de l'eau, elle lui fait mal quand elle recouvre son corps de marbre. Elle est vêtue d'un costume noir d'encre, sa tête est recouverte d'un voile transparent. Elle s'est apprêtée, elle ouvre la porte. Elle aurait voulu se lever et partir. IMPOSSIBLE Elle a fermé les yeux. Elle a peut-être rêvé ? Il y a de l'eau sur le parquet, une nappe d'eau. Des corps affleurent. Une femme morte ou endormie vêtue à l'antique, elle a un visage d'ange. Serait-elle un démon jouant à cache-cache ? Et les visages sortant de l'eau, qui sont-ils ? Un homme ? Une femme ? Elle l'ignore. Sa vision s'est brouillée, c'est ainsi depuis qu'elle consulte le docteur Freud. Elle ne sait pas pourquoi sa pensée s'emmêle et les époques s'embrouillent. Engoncée dans son costume bourgeois, serait-elle une femme au bord de la crise de mer(e) ? Elle rêve de...

Dans le parc solitaire et glacé, par Corinne Gotnich

Ils s'enroulent sur eux-mêmes comme dans une gestation prolongée comme dans une atmosphère liquide. Il pleut tous les jours Il pleut toutes les nuits. Il pleut de grosses gouttes translucides. J'ignore si ces corps viennent vers moi pourtant ils m'entourent mais je ne les vois plus. On dirait des tentacules, on dirait des fils d'araignée. Je suis solitaire et perdue dans une forêt de bras. J'essaie de me lever, je suis captive. Ils me poussent au sol, je ne peux plus rien faire, je m'enroule sur moi-même. Je me replie comme dans une gestation renforcée. Je m'enroule sur moi-même, ils avancent vers moi. Ils reculent, ils glissent sur le côté gauche, leurs bras toujours tendus. Dans ce parc solitaire et glacé des bras, des jambes, des corps qui passent. Des corps glissant au sol Des corps se rapprochant Des corps s'immobilisant puis rien. Comme dans un fondu au noir, mes yeux ne les voient plus. Ils sont passés derrière le rideau. Ils explorent le vide. Il...

On va dire que, par Corinne Gotnich

On va dire que ton corps est un chat ! Tu imagines un chat dormant près du feu, il dort il ne souffle pas. Quoi ? Tu ne veux pas que ton corps soit un chat ? Un chat urbain, un chat de palace tout ce qu'il y a de plus snob, un chat qui passerait ses vacances à Rome ou à Capri ! On va dire que tu te nommes Marcello. Un jour, tu as rencontré Anita. Tu ne crois plus en rien et ce jour-là elle apparaît devant toi. Alors, ta main gauche tu la sors de la poche de ton pantalon. Regarde-la ta main comme si tu la découvrais à peine. Imagine un bébé découvrant ses mains, la gauche d'abord la droite ensuite. Sauf que ta main à toi passe très lentement sur la joue d'Anita. Elle passe avec douceur. Jamais tu ne l'approcheras par effraction. Attention, tu es un chat très doux. Explore sa joue et le grain de sa peau. Attends ! Laisse-la passer et repasser jusqu'à ce qu'elle soit en arrêt. C'est un moment suspendu où vous découvrez que vous êtes en miroir dans un face à fac...

Danser avec, par Corinne Gotnich

  Danser avec Ferme les yeux Les lumières éteintes Imagine É coute le silence Ne regarde pas le miroir Dis-moi ce tu vois en toi Imagine Une forme Dis-moi des mots Les mots qui te colonisent Les mots enfermés dans ta boîte craniène Les mots que tu as voilés Imagine leur naissance et leurs corps. Imagine des mots recouverts de noir ! Tu ignores ce que tu cherches ! Marche vers les fauteuils Arrête-toi au numéro un et au numéro 10 Imagine qu'ils sont là infiniment petits Ta jambe droite Ta jambe gauche Ton pied gauche Et ton bras ! On dirait que ...

Le radeau de la méduse, par Marie Chapuis

Découpe des corps sur la mer déchaînée. Des hommes agglutinés sont arrimés à des bouts de bois ébréchés. D’autres appartiennent déjà à l’océan, flottants sur des lambeaux d’écumes. En haut de la pyramide humaine, tel un capitaine encore debout, un homme agite un tissus que le vent déchire. Il a aperçu au loin le vaisseau salvateur. Sa peau terre d’ombre brûlée a des reflets d’ocres dorés et de cuivre, révélant un métissage que l’on voulait pourtant garder dans l’ombre. Depuis les générations se sont succédées. Le radeau ne part pas, il revient d’Afrique comme une marée qui remonte, avec, à son bord, les descendants du passé. Le naufrage approche, les bouées ressemblent à des couronnes mortuaires. L’embarcation sort du cadre, son bois éclabousse le parquet acajou du Louvre. Médusés les visiteurs reculent.. moi aussi. Plus tard, Immergée dans mes pensées, je marche dans la salle des pas perdus. Dans mon songe les silhouettes d’hommes se déforment, se font animales. Une girafe a prit la p...

Des mots et des cabanes, par Corinne Gotnich

J'ai toujours eu les cabanes en horreur. Ça fait homme des bois. Ça fait habitat précaire. On est en transit quelque part, on attend qu'on veuille bien de nous. On attend la validation. On attend qu'on nous ouvre les portes. Moi j'aime la solidité et la stabilité. Je n'aime pas m'enfoncer dans les sables mouvants. Ce n'est pas un jeu les sables mouvants. Ce jour-là il paraît que j'étais agacée. Agacée !  On a tellement insisté pour me faire venir là où je ne voulais pas aller. A reculons j'ai avancé. J'ai parlé de l'enfance comme d'un territoire. J'ai même dit un, deux, trois SOLEIL ! Quand j'ai entendu le mot cabane, j'ai fermé les yeux et j'ai dit DANGER. J'ai arboré mon panneau SENS INTERDIT mais personne ne l'a vu.  Le mot cabane n'est pas un jeu. Je suis anormative, j'invente des mots comme on joue à la marelle. On va jusqu'au ciel et on crie SOLEIL. J'allume les lumières. J'allume les lumi...