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Articles

A propos de ce blog

Ce blog entend donner un lieu de publication aux textes écrits par les participants des ateliers d'écriture animés par Martin Chabert pour l'association Arutam . Vous pouvez retrouver toutes les informations sur les ateliers en cours sur le site ecrireavec.com . Afin de soumettre un texte à publication , veuillez vous assurer : >>> que le texte est bien issu d'un atelier, >>> que l'orthographe et la ponctuation ont bien été revus et corrigés, >>> que le texte respecte les limitations de la liberté d'expression.    Vous pouvez ensuite soumettre votre texte en format texte (et non .pdf) à l'adresse martin@ecrireavec.com . Dès acceptation, il sera publié tel quel  et retiré du blog sur simple demande. Martin Chabert vit à Marseille où il se consacre à l’animation d’ateliers et à l’écriture. Il coordonne les activités culturelles et artistiques de l’association Arutam depuis sa création en 2019. Ses différentes expériences d'ani...
Articles récents

Le dormeur, par Marie Chapuis

D’abord le silence, onctuosité du dormeur lové dans son ventre de plume. Soudain, vacarme dans la tête, les pensées fondent, criaillent comme une voilée de moineaux que l’on disperse. Des plumes volent. Enfin, l’aurore sort des coursives de la nuit, les piafs se posent, leurs cris s’apaisent. Des anfractuosités de la mémoire des rêves coulent le long de coulisses immémoriales. Le jour se lève et grimpe le temps, les idées font de même. Les oiseaux s’envolent.

Un voilier en colère, par Anny Galopin

Un voilier en colère. La mer se réjouit. Elle a réussi son coup. Le voilier va chavirer. Mais pour qui se prend ce capitaine prétentieux ? Plus fort qu’elle, la tempête ? Elle va se faire respecter et faire savoir qui elle est. Le voilier se couche sur le flanc. Que va-t-il se passer ? Le capitaine est abattu. Il capitule. Il se couche lui aussi, et dans un élan de survie, il décide de dormir et de faire un beau rêve. Il se raconte une belle histoire avec une princesse qui fait sa connaissance et décide de l’épouser. Le commandant est aux anges et se réjouit de ce qui vient d’arriver. Une pieuvre arrive sur le voilier. La pieuvre est portée par les vagues jusqu’au pied du mât qui tente de se relever, sous l’effet du mouvement des vagues. Il monte. Il retombe. Soudain, Dame Pieuvre s’accroche à lui, et sans le décider le fait se relever. Elle lance ses bras de façon désordonnée, comme pour remercier la mer en colère de lui permettre d’exécuter cet exercice qui va sauver le mât et le bat...

Extérieur nuit, par Corinne Gotnich

Trouver le noyau à l'intérieur, le bleu raclé. Comme la lune blanche  me regarde lâchant ses fils blancs argentés. La mer amère  un miroir aux éclats de sels marin.  Des coups de peinture, anarchie du bleu. Profondeurs marines, insondables abysses. Représentation du rien  Miroir en creux, virgules répétées sur une page blanche et bleue. Accrocher des couleurs récalcitrantes. Qu'est-ce que c'est ? La représentation du bleu, la reine des couleurs en éclat de sel.  Poser la même question en écho. Pourquoi ?  A l'intérieur trouver le noyau et le fil noir des vagues jaunes dans un ciel bleu implacable. On aurait dit des éclats de blancs à la surface sans étoile. Tirer les fils des étoiles, elles ouvrent les yeux comme une fleur de mer constellée d'éclats de sel. Et pendant ce temps sous la lune un collier d'étoiles se définit semblable à un gros trait noir. Et pendant ce temps une fleur de mer sous la lune éclate pétale après pétale. On n'entend pas les mots qu...

Nordine, par Isabelle Sers

« Nordine, est-ce qu'un jour tu sauras écrire ne serait-ce qu'un mot ? » « Nordine, es-tu capable d'efforts ? J'en doute. » « Nordine, bon à quoi ? À rien. » Tu suffoquais, pleurais sans cesse, alors tu décidas de ne plus jamais poser un pied à l'école du Bon Secours. Ton père, de peur que tu ne fugues, t’enferma dans ta chambre. Et puis, un soir, une boulette de papier vint toquer à ta fenêtre. En la défroissant, tu pus lire : « C’est moi, Juliette, tu me manques. » Juliette était ta voisine de table à l'école. Tu l'aperçus, cachée entre deux arbres. Ton cœur se réactiva et tu descendis le long de la gouttière. Tous deux face à face, immobiles un long instant, vos regards s’entrelacèrent. Tu n’osais plus parler et Juliette le savait : « Ne dis rien et suis-moi. » Elle prit ta main et vous vous êtes engouffrés dans la forêt. Après quelques instants de marche silencieuse, un spectacle d'une précieuse beauté s’offrit à vos yeux : une folle chorégraphie int...

Il y a tristesse et tristesse, par Bruno Maret

« Il y a tristesse et tristesse, celle des âmes trop sensibles qui pleurent sur elles-mêmes et celle des cœurs désintéressés qui, pour eux, acceptent le sort et bénissent toujours la nature mais sentent les maux du monde et puisent dans la tristesse même la forces pour agir, pour créer » Jules Michelet C’est sur ce rivage indécis de Camargue qu’Elle a posé son pied fragile il y a deux milles ans.   Fuyant ses persécuteurs qui croyaient la condamner en la livrant aux flots sur une barque insécure, la Femme de Magdala abordait saine et sauve notre contrée alors dévouée aux Dieux anciens, égoïstes et cruels. Cheveux dénoués, première d’entre les témoins de la Vie, réprouvée de tous mais puissante d’un amour sans limite, de toute sa force immense elle voulait nous offrir une religion d’espoir, capable de transfigurer en force nos faiblesses. Las ! les hommes font toujours de même. D’Elle, ils ont pillé les hautes paroles et l’ont fait taire. Sur ces paroles ils ont construit d’int...

L'impuissance, par Anny Galopin

Cet homme, qui est-il pour de vrai ? Son personnage flirte avec le mensonge, et nous enveloppe dans un brouillard attirant. Son silence intérieur fait référence à un fantôme dont nous ne saurons rien. Une disparition est survenue dans son histoire, disparition dont nous n’aurons aucune explication, et qui a créé un blocage de ses émotions. Quand il parle, il ne dit rien ! Étonnement et incertitude ! Elle, la femme imprenable et incorruptible, de par ce qu’on savait d’elle, lit un article concernant cet homme, homme auquel elle s’intéressait et s’attachait. C’était alors pour elle une aventure merveilleuse, un réveil de sa vie émotionnelle éteinte tristement… Un choc ! Qu’osait-on inventer ? Devait-elle s’arrêter à cette description de ce partenaire nouvellement apparu dans sa vie ? Une amie avait invité notre femme précédemment décrite. Elle la voit lire l’article du journal qui parle de l’homme, celui qui a su la faire s’intéresser à lui. Elle comprend vite que la révélation pourrait ...

Ce jour-là, par Corinne Gotnich

Si je n'avais pas été présente ce jour-là, je n'avais pas été présente ce jour-là je n'aurais jamais cru ce récit apocalyptique ! Un port de méditerranée en plein soleil Un bateau qui n'arrive pas Une foule hagarde sur le quai, des visages humains qui n'ont presque plus rien d'humain. Des regards presque vides, des yeux secs à force d'avoir pleuré. Ils étaient tous là, ils attendaient un bateau qui n'arrivait pas. Et ces hurlements d'enfants qui n'en finissaient pas. Accrochés aux jupes de leurs mères, ils faisaient pitié à voir.  Les mères d'ordinaire si protectrices tombaient de sommeil, elles se seraient endormies si elles avaient trouvé un coin à l'ombre et au calme. Elles seraient elles-mêmes redevenues des enfants à la place de leurs enfants. Si je n'avais pas été présente ce jour-là je n'aurais pas fixé sur la pellicule ces visages d'enfants, ces visages de mères éplorées. Même si elles ne pouvaient plus être des mères ...

Chaque année..., par Corinne Gotnich

Chaque année, elle les mange embarquée dans ses mots. Chaque année, elle les fait vibrer dans son magnétisme, ça vibre fort en trois temps comme une valse lente. Ça fait comme une fulgurance.  Chaque année, ils mangent une page. Ils vont jusqu'à la racine des mots. Ils boivent l'encre. L'ancre qu'ils ne jetteront pas. Ils ont songé au moins deux fois à frapper fort à sa fenêtre, elle n'apparaît pas. La mère serait-elle devenue amère ?  Pourtant, elle danse douceâtre et blanchâtre.  Elle hésite entre deux nuances incertaines, elle se perd, elle se mord. Faire peur, Engloutir dans l'abîme, se perdre dans le labyrinthe à la recherche d'un galet poli et introuvable. Galet sésame aux quatre chiffres invisibles écrits à l'encre sympathique. On croit savoir qu'elle habite la maison du vertige aux murs bleus presque transparents. L'été, les nuages aux joues de chérubins passent au-dessus de son toit. Toit-terrasse aux vibrations douces-amères. Ils jouent...

Mmmmmh, par Ninon Goder

Il vole parce qu'il n'a pas de jambe. Il avance. Il avance seul. Il n'a pas de jambe. Ni jambe, ni bras. Il n'a pas de corps. C'est l'index. L'index gauche de pépé. Pépé l'avait perdu. Scric scric SRAC. Pépé l'a perdu il y a un gouffre, une vraie faille de temps. Et moi, je l'ai trouvé. Enfin, c'est lui qui m'a montré entre les failles. Il est là. Devant moi. Il est là et il vole. Il vole seul juste devant. Il vole droit, tout debout de lui. Il me regarde. Oui, il pointe. Il me pointe et m'enface. Il pourrait me curer le nez mais il ne fait rien. Du temps, du temps et l'index part.  Du temps. Du temps et il y a ça. Ça, ça vole aussi. Mais, pas seul. Cette fois, ça vole en groupe. C'est une poignée de cheveux. Des mèches toutes emmêlées. On dirait que les reflets bourdonnent pour suivre l'index. Je les connais. Je le reconnais ce bourdon échevelé, il est brun. Brun et raide. Ça bourdonne laid aussi. C'est le cancer qu...

Plouf, par Nolwenn Le Gal

Un amuseur de galerie et deux amusées sur un gros caillou. Le gros caillou est une falaise qui tombe dans l’eau. L’eau est l’océan salé, qui bouge sans s’arrêter et éclabousse les rebords. Les rebords de ceux qui sont là. L’amuseur de galerie et les deux amusées sont un garçon et deux filles, sûrement le garçon et la fille de deux parents, ou plutôt de six, sauf si l’un d’entre eux s’en est allé. L’amuseur amuse. Il s’amuse d’amuser. Les amusées sont amusées, on le voit à leur sourire qui plisse leurs yeux. Ce n’est pas le soleil qui plisse leurs yeux, le soleil n’est pas là. C’est amusant. Et ça les éclaire. ça s’éclaire. ça est le garçon qui fait des blagues, les deux filles qui rient. Et les autres aussi. On ne connaît pas les blagues. La falaise ne rit pas, on ne l’entend pas rire. Le vent hurle, lui. Il ébouriffe les cheveux de ceux qui sont là. Ceux sont le garçon, les deux filles, la falaise, l’océan. Le vent aussi, mais il ne s'ébouriffe pas lui-même. Le soleil n’est pas là...