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Affichage des articles associés au libellé Marie Chapuis

Le dormeur, par Marie Chapuis

D’abord le silence, onctuosité du dormeur lové dans son ventre de plume. Soudain, vacarme dans la tête, les pensées fondent, criaillent comme une voilée de moineaux que l’on disperse. Des plumes volent. Enfin, l’aurore sort des coursives de la nuit, les piafs se posent, leurs cris s’apaisent. Des anfractuosités de la mémoire des rêves coulent le long de coulisses immémoriales. Le jour se lève et grimpe le temps, les idées font de même. Les oiseaux s’envolent.

L'hermite, par Marie Chapuis

Aujourd’hui, 21 novembre 2025, sous les tropiques. C’est en déambulant sur la plage que j’ai trouvé une grosse coquille vide. Bien trop grosse pour moi. Je m’installe à 30 cm d’elle et j’attends. Je sais que d’autres vont arriver. 22 novembre au matin, le temps est clair mais frais. Un petit gris s’installe juste derrière moi, c’est donc lui qui aura mon carrosse. C’est ainsi qu’on m’appelle, « Carrosse », car mon toit rose en a la forme et l’élégance. Pourtant, il me faudra bien le céder. On se regarde un peu, sans plus. 23 novembre, personne ne vient. Je suis à l’étroit, le soleil brille et j’ai trop chaud dans ma chambre rose. 24 novembre, à la tombée du jour, débarque celui qu’on appelle Strip-tease, débordant de sa carapace, ses chairs molles et blanches à moitié dehors. Il chaloupe un peu avant de se poser juste au milieu, à 15 cm entre la grosse coquille vide et moi. Le 25, rien ne se passe. 26, le temps est à la pluie quand débarque un magnifique spécimen dans une somptu...