Chaque année, elle les mange embarquée dans ses mots.
Chaque année, elle les fait vibrer dans son magnétisme, ça vibre fort en trois temps comme une valse lente.
Ça fait comme une fulgurance.
Chaque année, ils mangent une page. Ils vont jusqu'à la racine des mots.
Ils boivent l'encre.
L'ancre qu'ils ne jetteront pas.
Ils ont songé au moins deux fois à frapper fort à sa fenêtre, elle n'apparaît pas.
La mère serait-elle devenue amère ?
Pourtant, elle danse douceâtre et blanchâtre.
Elle hésite entre deux nuances incertaines, elle se perd, elle se mord.
Faire peur,
Engloutir dans l'abîme, se perdre dans le labyrinthe à la recherche d'un galet poli et introuvable.
Galet sésame aux quatre chiffres invisibles écrits à l'encre sympathique.
On croit savoir qu'elle habite la maison du vertige aux murs bleus presque transparents.
L'été, les nuages aux joues de chérubins passent au-dessus de son toit. Toit-terrasse aux vibrations douces-amères. Ils jouent à cache-cache avec le soleil épuisé à force de jeter sa lumière dans les flots infinis lui tournant ostensiblement le dos.
textes issus d'ateliers d'écriture animés par Martin Chabert