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Dans le parc solitaire et glacé, par Corinne Gotnich

Ils s'enroulent sur eux-mêmes comme dans une gestation prolongée comme dans une atmosphère liquide.
Il pleut tous les jours
Il pleut toutes les nuits.
Il pleut de grosses gouttes translucides.
J'ignore si ces corps viennent vers moi pourtant ils m'entourent mais je ne les vois plus.
On dirait des tentacules, on dirait des fils d'araignée. Je suis solitaire et perdue dans une forêt de bras.
J'essaie de me lever, je suis captive.
Ils me poussent au sol, je ne peux plus rien faire, je m'enroule sur moi-même. Je me replie comme dans une gestation renforcée.
Je m'enroule sur moi-même, ils avancent vers moi. Ils reculent, ils glissent sur le côté gauche, leurs bras toujours tendus.
Dans ce parc solitaire et glacé des bras, des jambes, des corps qui passent.
Des corps glissant au sol
Des corps se rapprochant
Des corps s'immobilisant
puis rien.
Comme dans un fondu au noir, mes yeux ne les voient plus. Ils sont passés derrière le rideau.
Ils explorent le vide.
Ils glissent dans l'abysse. Je tremble ! Est-ce de la peur ? La peur de l'inconnu.
Étrange sensation de moi inconnue.
Il y avait
Il y a eu
ce parc solitaire et glacé
Je ne peux plus terminer mes phrases. Mes pensées sont gelées, mes regards se perdent sur le fond noir. Elles ont glissé. Elles se sont perdues dans l'infini. Où sont ces corps ?
Leurs jambes sont restées figées au sol
Leurs doigts écartés
Leurs regards perdus en glissant sur le point d'horizon en mouvement. Ils s'échappent pétrifiés.
Ils s'offrent décharnés