Aveugle,
Réfractaire,
Je refuse.
J’ai vu,
J’ai compris,
Le leurre,
Et je refuse.
Je ferme les écluses.
Pourtant, rien qu'un vœu, un seul :
M’extirper du songe matrice.
Sortir de ce mensonge
Et hurler,
Me libérer
Des entrailles de l'ignominie.
Et boire et boire encore
Et m’abreuver du sang de ce péché.
Pour l'ivresse de vie,
Pour le souffle sulfureux
Du dragon refoulé,
Je plonge.
———
Confort.
Se conforter
Pour ne pas se confronter.
Éviter la vérité.
Et se saouler de bêtise, de sexe, de luxure.
Mère, retrouver ta chaleur
Mère, retrouver ton inconditionnel amour
Se calfeutrer…
Mère, tes bras
Mère, ton ventre
Mère, ton sang.
Et pourtant…
Cette ignoble porcherie m’appelle…
Elle aussi est ma maison…
———
Tu ne sais d'où tu viens…
Vierge ou putain?
Ou peut-être ne le sais tu que trop…
Toi, tout petit enfant a qui l'on a demandé d'être grand, tout propre, sans dépassement.
Depuis la première heure, tu retiens ce cri tout le jour
Et tu survis
Mais vient la nuit, et là, tout déborde
Et tu trans-bordes
Tu te trans-figures
Tu ne susurres plus
Tu t'extraies du costume si serré
Et sur tes talons fuselés,
Corps offert en pleine lumière
Tu chantes
Pour cette foule saoule de toi.
Icône en silicone, qu'importe,
tu resplendis.
En ce secret, tu es.
textes issus d'ateliers d'écriture animés par Martin Chabert