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Articles

A propos de ce blog

Ce blog entend donner un lieu de publication aux textes écrits par les participants des ateliers d'écriture animés par Martin Chabert pour l'association Arutam . Vous pouvez retrouver toutes les informations sur les ateliers en cours sur le site ecrireavec.com . Afin de soumettre un texte à publication , veuillez vous assurer : >>> que le texte est bien issu d'un atelier, >>> que l'orthographe et la ponctuation ont bien été revus et corrigés, >>> que le texte respecte les limitations de la liberté d'expression.    Vous pouvez ensuite soumettre votre texte en format texte (et non .pdf) à l'adresse martin@ecrireavec.com . Dès acceptation, il sera publié tel quel  et retiré du blog sur simple demande. Martin Chabert vit à Marseille où il se consacre à l’animation d’ateliers et à l’écriture. Il coordonne les activités culturelles et artistiques de l’association Arutam depuis sa création en 2019. Ses différentes expériences d'ani...
Articles récents

Sylvain, par Corinne Gotnich

Hier j'ai trouvé un sac à dos noir chez Zara précisément. Zara Boutique de fringues anonymes. Des fringues suspendues dans des linéaires. Pourquoi cette jeune femme a-t-elle abandonné ce sac dans une cabine d'essayage ? Aurait-elle déposé un épisode de son passé ? Passé douloureux ? Passé amoureux ? Un épisode nommé Sylvain. Pourtant quand je l'ai contacté il m'a dit qu'il n'avait jamais entendu parler d'elle. Comment est possible de dire : De qui me parlez-vous ? Je ne vois pas qui elle est. Mon numéro de portable je lui ai peut-être donné il y a longtemps. Je suis passé à autre chose. Si vous le voulez bien on va en rester là ! Comment est-ce possible d'avoir une mémoire et aucun souvenir ? Alors j'ai repris la parole : «  Elle portait un chouchou blanc comme la neige dans ses cheveux. Autour de son cou était enroulée une écharpe bleu turquoise. A l'oreille gauche elle portait un piercing, ce bijou était raffin...

Homme libre, par Corinne Gotnich

J'ai vécu en homme libre. J'ai tout fait comme il faut Je suis honnête il est vrai que mon moi déborde, un peu comme celui de Jean-Jacques Rousseau dans les Confessions. Cependant ma pensée n'est pas étriquée ! Ce sont les autres qui comptent car je suis généreux moi !  Je suis vertueux aussi. La preuve, je ne me suis jamais plaint de rien. Même quand je travaillais quinze heures par jour je trouvais le moyen de sourire aux autres. J'étais satisfait de moi-même.  Dans ma vie tout est lié même mon écriture, très droite, très lisible. J'ai un esprit rigoureux moi.  On a toujours plaisir à me rencontrer même quand je pense à mes affaires, Il fallait que je travaille pas seulement pour les autres. Je suis une figure presque christique.  Ma vie sociale a été exemplaire. Ma vie affective en revanche a été moins éclatante.  Mon épouse bien plus jeune que moi passait  beaucoup de temps en thalasso et au club de bridge. Quand je lui disais qu'elle s'écartait du droi...

Éternel retour, par Corinne Gotnich

Fondu au noir Petit matin s'extirper  Le réveil sonne il insiste son standard. Dormir sans rêve c'était bien  Oublier ce qui s'est passé. Ça s'est passé quand ? Est-ce que ça s'est passé d'ailleurs ailleurs ? Allumer la lumière Allumer la lumière électrique caresser le bouton noir de la lampe bleue posée sur la table à côté du lit. Enfouie dans l'oreiller violet Respirer le tissu. La main sort du lit Le pied sort du lit l'air libre l'agresse un peu Il le mord un peu quand même. Aller vers la baie vitrée relever le store sans bruit. Décoller la nuit collée à la fenêtre. Il y a le bruit léger comme un roulis au fond de la rue, le bruit décolle à peine le bruit qui vole Le bruit qui voile Le bruit un voile déchiré. Et le pied sur le tapis Et la main elle est posée où ?  Penser à la vague Pensée vague diluée dans la couleur blême La vague lèche le sable mouillé Lentement l'écume blanche comme une dentelle légère se pose et disparaît avalée. Jaillisse...

Face à un orage, est-ce le début ?, par Vincent Figuéréo

Il y a plus de différences dans la forme et la coupe de mes ongles que de bateaux qui sont amarrés au port ce matin. Des poils trop timides pour sortir sur le dessus. Une cicatrice d’alcool sur l’annulaire. De l’autre côté, des traces, des crevasses.  Hier, plus haut, un éclair.  Il est tombé dans la nuit. Toutes les couleurs en face se sont allumées. Un grondement a étouffé la ville. Ce soir orage. Ses pupilles énormes. Son duvet debout. Ses ongles rentrent dans ma chair. Elle retourne à moi on dirait. Plus animal qu’enfant.  Ai-je oublié d’avoir peur ? L’obscurité me fait peur parce que je ne sais pas. Jamais je n’ai su. Les traits de mon visage se ferment. Mes émotions, primaires. Mon manque de courage, ou mon impossibilité de devenir adulte ? Mes pupilles couleur de ma peur. Mes pupilles aveugles. Mes pupilles.  Mais.  Au fond de mon ventre le doute. En ouvrant ce doute, la peine. Accroché à la peine, la peur la retient ici.  P E U R Air absent, souffle...

Lacydon, par Vincent Figuéréo

C'est ici le royaume des fuyants, des passagers et des oubliés. Pourtant chacun y laisse sa trace. Des taches d'huile aux fientes et du moisi à l'amiante Par là, on ne s'y aventure pas sans raison Serait-ici, dans le chemin du Lacydon. Qu'on trouve et découvre un peu de ce qui nous hante ? Une fois dans l’allée  cependant, pas de bruit Au bout du fond ne vient ni le jour ni la nuit Et repose le Lacydon, service à bas prix. C'est ici le royaume des fuyants, des passagers.  Femme qui boîte toute estropiée Est bien la seule à me saluer. Devant une trace de pisse et une flaque de café Le noir, moins sombre en s'approchant Parait au final plus accueillant Que la rue pleine de lumière  Et de faux - semblants que je hais. C'est ici le royaume des fuyants. De ceux qui nagent dans l'ombre et qui en redemande De ceux que l'on regarde sans besoin qu'ils se vendent Des sales , des authentiques, des spécialistes en électrique. Des parfums oubliés, des tex...

Promenade, par Anny Galopin

Se prendre pour une fleur Attirer les papillons S’envoler avec eux Déployer ses ailes Se vêtir de leurs couleurs Emprunter leur légèreté Et se poser où bon nous semble Le temps d’une inspiration… Pas belle la vie ???   Si l’oiseau chante bien et avec goût, c’est qu’il chante avec action et avec âme, et qu’il s’anime à sa propre voix… Et ça nous fait quelque chose ! C’est comme si les oiseaux nous aidaient à nous émouvoir, à aimer ce qu’on a sous les yeux, comme s’ils intensifiaient et soutenaient notre lien à nos propres milieux…   Je fais une comparaison entre l’oiseau et l’enfant : « Les oiseaux débordent de vie, ne tiennent pas en place, se dépensent, vont et viennent sans nécessité, se plaisant à voler par jeu »… Aux oiseaux comme aux enfants, c’est le mouvement qui est un repos ! Et même la migration est comprise ici comme une guerre faite à l’ennui : « Ils semblent ignorer l’ennui , ils changent de lieu à tout instant, passant d’un pays à un autre, ignorant les distances...